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QUERCUS SUBER

J'ai beau être sommelier depuis 15 ans, mes seuls voyages au Portugal ont toujours eu pour objectif d'aller déguster du Touriga Nacional ou du Baga !

Il aura fallu cette initiative de la filière liège début juillet pour découvrir le quercus suber : de sa récolte jusqu'à la conception des différents types de bouchons, en passant par les multiples opérations qui permettent son élasticité.

D'autres types de quercus peuvent également être utilisés : Quercus cerris, quercus trojana et macroleptis quercus par exemple.

Une immersion passionnante au coeur d'une industrie qui reste très artisanale mais qui a revue qualitativement à la hausse la totalité de sa production depuis environ 15 ans, pour répondre notamment à la concurrence accrue des capsules à vis.

Quelques chiffres sur cette filière :

- 100 000 tonnes de liège récoltées par an

- Le Portugal représente 33% de la superficie mondiale

- La récolte a lieu tous les 9 ans

- un chêne liège peut vivre jusqu'à 200 ans avec un pic qualitatif de production vers 80/90 ans

- une suberaie naturelle ne compte que 50 arbres à l'hectare en moyenne.

 

 

 

 

MEILLEUR SOMMELIER DES AMÉRIQUES 2018

Fin mai 2018, voyage à Montréal pour assister avec David Biraud, candidat français au prochain Meilleur Sommelier du Monde au sacre de Pier-Alexis Soulière.

Une finale de très haut niveau avec trois prétendants au titre de Meilleur Sommelier des Amériques 2018 qu'il a été difficile à départager du point de vue du public. Profites en bien Pier-Alexis et see you soon ;)

Petit topo sur la région de Nouvelle-Écosse où nous avons poursuivi notre voyage très prochainement.... 

Résultat du Best Sommelier of Americas 2018 :

- 1er : Pier-Alexis Soulière/CANADA

- 2nd : Martin Bruno/ARGENTINA

- 3rd : Carl Villeneuve Lepage/CANADA

Pour plus d'informations, c'est ici 

BALADE EN VALLÉE DU RHÔNE #3

Prendre le pouls d’une région suite aux vendanges reste un privilège pour un sommelier !

Compte rendu de cette dégustation en Vallée du Rhône nord début novembre.

Pour ce millésime 2017, focus sur trois domaines.

Le premier, le Domaine Gaylord Machon à Beaumont-Monteux, une jeune pousse qui possède 8,5ha de vignes. Énorme potentiel ici, les vins se rapproche pour le moment en style au grand et talentueux voisin, David Reynaud.

Seconde visite, chez Jean-François Jacouton, également un tout jeune domaine, puisque Jean-François vient de s’installer sur les hauteurs de Ozon. Son vignoble se situe à quelques kilomètres de là, avec notamment de très belles parcelles en AOP Saint-Joseph autour du village de Vion. A suivre.

La troisième visite s’est faite au Domaine Monnier-Pérréol à Saint-Désirat.

Ici, en plus de l’immense raffinement des cuvées dégustées, un style de syrah infusée et précis, la discussion avec Jean-Pierre et Samuel est toujours passionnante. Thème du jour : l’électro-culture !

Apprendre quotidiennement ou l’importance du contact avec les vignerons.

Côté millésime, 2017 se rapproche pour le moment du profil des 2015. C’est un millésime qui aura surtout été particulier jusque dans ses fermentations qui n’étaient pas terminées début novembre. Les quantités sont moindres qu’en 2016, le manque d’eau a fait chuté les rendements.

Un noter également que 2016 est d’ores et déjà impressionnant d’équilibre. L’un des meilleurs récemment dégusté.

La Vallée du Rhône n’a jamais été aussi dynamique !

Vive la Syrah !

Best cuvées :

- Crozes Hermitage Blanc Domaine Gaylord Machon 2016

- Saint-Joseph Rouge Pierres d’Iserand Domaine Jacouton 2015

- Saint-Joseph Rouge Terres Blanches Domaine Monnier 2015

FRANCE : MILLÉSIME 2017

Un millésime aux rendements dramatiquement bas.

La France n’avait pas vu cela depuis 1945, mais la tendance au nouveau du globe est la même. Résultats, la récolte des vins AOP est en baisse de 19% par rapport à 2016.

La météo a été capricieuse cette année, et il n’était pas nécessaire d’être un vigneron pour s’en apercevoir. Trois événements climatiques majeurs ont ainsi marqué le vignoble.
Les gels printaniers du 19 au 27 avril ont globalement affectés toutes les régions. Puis, la canicule estivale avec deux épisodes, le premier en juin et le second en aout ont continuellement stressé les vignes. Enfin, certaines régions ont subi de fortes pluies en septembre, ce qui a eu pour conséquences de dégrader l’état sanitaire du vignoble.

Petit rayon de soleil, néanmoins, si les quantités sont infimes, la qualité est au rendez-vous comme j’ai pu le constater récemment en Vallée du Rhône Nord. 

Par ailleurs la qualité des Vendanges Tardives et des Sélections de Grains Nobles en Alsace sera exceptionnelle !

La Bourgogne et le Val de Loire sont les deux seules régions à avoir tiré leur épingle du jeu sur ce millésime avec une variation en volume de respectivement de +6% et de +10%.

CHINE : VITESSE ET PRÉCISION

Premier voyage en Chine mais que de découvertes !

Les surfaces plantées en vignes augmentent ici à une vitesse vertigineuse et il se pourrait bien que la production excède, du moins sur les prochains millésimes, la consommation !

Néanmoins qu’on ce le dise, la Chine est d’ores et déjà un acteur incontournable du monde du vin. Petite revue des effectifs lors d’un court séjour en septembre et la visite de deux régions.

La région de Fangshan tout d’abord, 18 propriétés, et surtout 20000 hectares plantés en à peine 7 ans ! Un but unique : faire de Pékin à moins de 100 km un débouché commercial évident.

Le domaine historique de la région, le Château Bolongbao est aujourd’hui concurrencé par de grands domaines qui peuvent nuancer leur production en fonction du marché. L'un d'eux Densiho, est depuis quelques années le spécialiste du rosé. Moins anecdotique, le cépage Marselan est ici très représenté et pourrai devenir dans les années à venir le cépage de référence en Chine.

La seconde région, celle de Huailai, au nord-ouest de la capitale, présente un profil tout autre.

Ici la plupart des Domaines sont la propriété de l’État via le groupe GreatWall. Depuis quelques temps cependant, l’oenotourisme est au cœur des discussions, et les terroirs essentiellement composés de loess, associés à des altitudes qui permettent de conserver des acidités intéressantes, rendent cette région particulièrement attractive. Habituellement, les vendanges, favorisés par un vent chaud, ont lieu une semaine avant celles de Fangshan.

Depuis quelques millésimes des domaines fleurissent le long de la route principale bordant le lac un peu a la façon de Napa ou Ribera del Duero. Il faudra cependant effectuer un travail sur des vinifications moins extraites, les barriques françaises sont ici légion, et privilégier des cépages plus adaptés au sol et au microclimat. A suivre, notamment le Domaine Canain qui va commercialiser ses premières cuvées au printemps 2018.

Plus globalement, la Chine semble se tourner progressivement vers des méthodes respectueuses de l’environnement, comme souligné récemment dans un article de la revue Decanter, avec par exemple le Domaine des Arômes situé dans la province de Ningxia qui intègre depuis 2010 la biodynamie comme pratique culturale.

Cette prise de conscience sera nécessaire pour appréhender les variations de millésimes, 2017 se profilant d’ailleurs comme l’un des meilleurs avec 2014.

J’ai aussi pu me faire une idée plus précise de l’étendue de la gastronomie chinoise. Sans avoir la fulgurance et la fraicheur de la cuisine vietnamienne, elle possède une diversité et une richesse sensationnelle. Au sommet de celle-ci, le canard laqué à la pékinoise, un mets de choix ou la peau croustillante, concentrant les saveurs, s’oppose à la chair fondante et délicate ! Un mets d’Empereur….à lire dans l'Actu précédente.

Tout simplement stupéfiante cette Chine de 2017 !