TOP 

CHINE : VITESSE ET PRÉCISION

Premier voyage en Chine mais que de découvertes !

Les surfaces plantées en vignes augmentent ici à une vitesse vertigineuse et il se pourrait bien que la production excède, du moins sur les prochains millésimes, la consommation !

Néanmoins qu’on ce le dise, la Chine est d’ores et déjà un acteur incontournable du monde du vin. Petite revue des effectifs lors d’un court séjour en septembre et la visite de deux régions.

La région de Fangshan tout d’abord, 18 propriétés, et surtout 20000 hectares plantés en à peine 7 ans ! Un but unique : faire de Pékin à moins de 100 km un débouché commercial évident.

Le domaine historique de la région, le Château Bolongbao est aujourd’hui concurrencé par de grands domaines qui peuvent nuancer leur production en fonction du marché. L'un d'eux Densiho, est depuis quelques années le spécialiste du rosé. Moins anecdotique, le cépage Marselan est ici très représenté et pourrai devenir dans les années à venir le cépage de référence en Chine.

La seconde région, celle de Huailai, au nord-ouest de la capitale, présente un profil tout autre.

Ici la plupart des Domaines sont la propriété de l’État via le groupe GreatWall. Depuis quelques temps cependant, l’oenotourisme est au cœur des discussions, et les terroirs essentiellement composés de loess, associés à des altitudes qui permettent de conserver des acidités intéressantes, rendent cette région particulièrement attractive. Habituellement, les vendanges, favorisés par un vent chaud, ont lieu une semaine avant celles de Fangshan.

Depuis quelques millésimes des domaines fleurissent le long de la route principale bordant le lac un peu a la façon de Napa ou Ribera del Duero. Il faudra cependant effectuer un travail sur des vinifications moins extraites, les barriques françaises sont ici légion, et privilégier des cépages plus adaptés au sol et au microclimat. A suivre, notamment le Domaine Canain qui va commercialiser ses premières cuvées au printemps 2018.

Plus globalement, la Chine semble se tourner progressivement vers des méthodes respectueuses de l’environnement, comme souligné récemment dans un article de la revue Decanter, avec par exemple le Domaine des Arômes situé dans la province de Ningxia qui intègre depuis 2010 la biodynamie comme pratique culturale.

Cette prise de conscience sera nécessaire pour appréhender les variations de millésimes, 2017 se profilant d’ailleurs comme l’un des meilleurs avec 2014.

J’ai aussi pu me faire une idée plus précise de l’étendue de la gastronomie chinoise. Sans avoir la fulgurance et la fraicheur de la cuisine vietnamienne, elle possède une diversité et une richesse sensationnelle. Au sommet de celle-ci, le canard laqué à la pékinoise, un mets de choix ou la peau croustillante, concentrant les saveurs, s’oppose à la chair fondante et délicate ! Un mets d’Empereur….à lire dans l'Actu précédente.

Tout simplement stupéfiante cette Chine de 2017 !